Je vis avec un poisson rouge. Ça commence souvent comme ça, une histoire qui va mal finir : un type seul avec son poisson. On dit que les chats, c’est mieux, parce que ça ronronne et que ça fait semblant de vous aimer. Mais moi, j’ai choisi Socrate, parce...
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Je vis avec un poisson rouge. Ça commence souvent comme ça, une histoire qui va mal finir : un type seul avec son poisson. On dit que les chats, c’est mieux, parce que ça ronronne et que ça fait semblant de vous aimer. Mais moi, j’ai choisi Socrate, parce qu’il ne simule rien. Il nage ou il s’arrête. Il a ce calme radical qu’on appelle parfois sagesse, quand on est d’humeur clémente. Et peut-être aussi ce sens de l’absolu qui fait souvent défaut aux humains. Il ne parle pas. Et c’est une qualité précieuse chez quelqu’un avec qui je partage mon salon. Moi non plus, je ne parle pas beaucoup. Mais chez lui, c’est un silence naturel, presque philosophique. Une présence pure. D’où son nom : Socrate. Pas celui d’Athènes. Le mien, c’est celui qui sait qu’il ne sait rien, mais qui n’en fait pas tout un plat. Celui qui doute sans déranger. Ce genre de sagesse-là, chez un poisson rouge, ça frôle le génie. Je crois qu’on s’aime. Lui, dans la mesure du raisonnable, ce qui est une forme de politess
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