Le désir est-il la marque de la INTRODUCTION misère de l’homme ? Les désirs — et en cela ils distinguent certainement les hommes de tous les autres animaux — nous entraînent souvent bien au-delà de ce dont nous avons besoin, dans une sorte de spirale sans...
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Le désir est-il la marque de la INTRODUCTION misère de l’homme ? Les désirs — et en cela ils distinguent certainement les hommes de tous les autres animaux — nous entraînent souvent bien au-delà de ce dont nous avons besoin, dans une sorte de spirale sans fin qui nous épuise et nous laisse frustrés. Même l’obtention de ce qu’il convoitait ne satisfait pas vraiment le désir ; souvent même elle le déçoit, renforçant alors ses exigences et lui donnant l’aspect d’un maître tyrannique. L’homme mû par ses désirs apparaît ainsi comme un éternel insatisfait qui voudrait « la lune », c’est-à-dire l’inaccessible, l’impossible, l’absolu. Porté sur les ailes du désir, il voudrait être Dieu, et la chute n’en est que plus brutale, lui découvrant qu’il n’est qu’un dieu raté. Mais d’un autre côté, ne plus désirer, c’est être blasé, repu, désespéré ou impuissant. Ne plus désirer, c’est se condamner à l’inertie, à la passivité, c’est être comme déjà mort… « Un vieillard était à côté de moi au café Riche
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