PRÉFACE On dit souvent qu’un romancier se doit d’écrire le livre qu’il voudrait lire : si j’avais eu Fièvre noire de Keith Rosson entre les mains il y a vingt ans, je n’aurais pas eu à écrire la moindre ligne. C’était pile le roman que j’attendais, un...
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PRÉFACE On dit souvent qu’un romancier se doit d’écrire le livre qu’il voudrait lire : si j’avais eu Fièvre noire de Keith Rosson entre les mains il y a vingt ans, je n’aurais pas eu à écrire la moindre ligne. C’était pile le roman que j’attendais, un cocktail de genres détonnant qui pulse au fond de vos rétines comme un film bien déjanté. Ce serait toutefois céder à la facilité que de parler ici de « mon- tagnes russes » – ce poncif qui orne les jaquettes de thrillers et de romans d’horreur comme les gommettes qu’on colle sur les fruits. Fièvre noire est une montagne russe d’un autre genre. Du genre rouillé. Du genre qui grince, comme si elle gémissait de douleur. Elle ne fait pas de looping : elle part en vrille. Et dès que vous commencez à vous habituer, voilà que tout déraille, vous vous retrouvez à faire un crochet par le Palais des Horreurs avant de débouler sur le tournage d’un Evil Dead, pour que votre siège finisse par vous éjecter, tout vermoulu, dans le coffre d’une bagnol
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