A celle qui est voilée Tu me parles du fond d’un rêve Comme une âme parle aux vivants. Comme l’écume de la grève, Ta robe flotte dans les vents. Je suis l’algue des flots sans nombre, Le captif du destin vainqueur ; Je suis celui que toute l’ombre Couvre...
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A celle qui est voilée Tu me parles du fond d’un rêve Comme une âme parle aux vivants. Comme l’écume de la grève, Ta robe flotte dans les vents. Je suis l’algue des flots sans nombre, Le captif du destin vainqueur ; Je suis celui que toute l’ombre Couvre sans éteindre son coeur. Mon esprit ressemble à cette île, Et mon sort à cet océan ; Et je suis l’habitant tranquille De la foudre et de l’ouragan. Je suis le proscrit qui se voile, Qui songe, et chante, loin du bruit, Avec la chouette et l’étoile, La sombre chanson de la nuit. Toi, n’es-tu pas, comme moi-même, Flambeau dans ce monde âpre et vil, Ame, c’est-à-dire problème, Et femme, c’est-à-dire exil ? Sors du nuage, ombre charmante. O fantôme, laisse-toi voir ! Sois un phare dans ma tourmente, Sois un regard dans mon ciel noir ! Cherche-moi parmi les mouettes ! Dresse un rayon sur mon récif, Et, dans mes profondeurs muettes, La blancheur de l’ange pensif ! Sois l’aile qui passe et se mêle Aux grandes vagues en courroux. Oh, viens ! t
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